Les Travesias d’Atacama à Uyuni

Entre Chili et Bolivie, sur d’antiques sentiers de transhumance, exploration du désert d’Atacama, le plus aride du monde jusqu’au Salar de Uyuni. De paysages grandioses en refuges extraordinaires, cet ailleurs déroutant invite à une leçon de géographie des extrêmes.

Les Travesias d’Atacama à Uyuni -

San Pedro de Atacama, porte du grand désert

Après le long voyage transatlantique, le choc est total. Il y a d’abord les 2500 mètres d’altitude qui coupent le souffle, la luminosité extrême du soleil irradiant les roches claires et les pupilles, et la pureté palpable de l’air. Point de départ alors d’un périple de quelques cinq cents kilomètres, dans l’intimité du véhicule privatif. La route déroule un paysage à nul autre pareil, un royaume minéral où il ne pleut presque jamais, coiffé de volcans enneigés culminant à 6000 mètres d’altitude. On traverse la capitale de la région, San Pedro de Atacama, bourgade aux petites maisons d’adobe impeccablement chaulées de blanc, avant de plonger dans le grand vide du désert d’Atacama, le plus aride et le plus ancien de la planète. Difficile d’imaginer qu’il y a onze mille ans, bien avant l’ère Inca et la conquête espagnole, un peuple développa ici une civilisation avancée produisant céramiques et vanneries sophistiquées. Une heure de route mène à l’Explora Atacama, adresse mythique qui ouvrit jadis la région aux voyageurs. La maison a la fraîcheur des demeures traditionnelles, et règne sur des hectares d’altiplano sauvage dont les journées suivantes permettent d’explorer la magie. A pied, à cheval et à vélo, on s’élance en compagnie d’un guide chevronné sur la plaine et à l’assaut de la montagne, avec des programmes élaborés sur-mesure. Le 4X4 prend le relais pour arpenter les territoires plus lointains, franchir des cols vers d’autres immensités, puis revenir au camp de base à temps pour déguster un Pico Sour au soleil couchant. La nuit divulgue alors la voie lactée, dans un ciel transparent qui invite à d’infinies observations astronomiques.

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Vers la Bolivie des grands lacs salés

La route reprend vers le nord, à travers une partie secrète des Andes où les étendues ocrées effacent la frontière entre Chili et Bolivie. Plusieurs étapes féériques ponctuent le périple. On fait crépiter son objectif devant la Laguna Colorada, vaste lagon d’eau salée rougeoyant où se pressent des milliers de flamants des Andes. Avec un peu de chance, on apercevra la silhouette furtive d’un leopardus jacobita, gros chat tigré qui chasse dans la région. L’air se fait plus rare, on dépasse les 4800 mètres d’altitude quand apparaissent les jets d’eau du geyser Sol de la Manana et ses fumerolles soufrées. En route alternent salines et petits lacs d’altitude, jusqu’au lodge du bout du monde où on fait halte pour la nuit.

Construction cubique aux allures de vaisseau spatial, le Mountain Lodge Ramaditas est l’œuvre de l’architecte chilien Max Nunez. Simplement posée sur les roches pour réduire au minimum l’impact environnemental du lieu, la bâtisse consiste en modules préfabriqués assemblés en maison d’hôtes tout confort. Les intérieurs tapissés de bois ouvrent largement sur la nature environnante qu’on admire de sa chambre au restaurant, où la table signée des chefs boliviens réputés revisitent l’héritage culinaire andin. Ici encore, la clarté étoilée de la nuit et le silence total ajoutent au charme hypnotique des hauts plateaux.

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L’altiplano des hommes et des alpacas

La route redescend à 3800 mètres d’altitude vers l’étrange lagon de Turquiri, serti de rochers aux allures de monumentales sculptures. Le déjeuner luxueusement improvisé, tandis que les nuages et les myriades d’oiseaux migrateurs courent au-dessus du miroir d’eau bleu cobalt, a la magie des premiers matins du monde. La région de Chituca et ses hameaux ouvrent ensuite sur la vie des hommes, entre culture du quinoa et élevage d’alpacas. Autour du lodge Chituca où l’on passe la nuit, une forêt de cactus et d’anciennes terrasses agricoles sont la base naturelle propice à de longues randonnées à pied. Tout proche, l’ancien village espagnol de San Pedro de Quemes, assoupi face à l’immensité andine, dévoile son précieux trésor de peintures rupestres laissées par les Quechuas au fil des siècles.

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Le Salar d’Uyuni, merveille fragile

En lisière du Salar, la Cueva las Galaxias creuse ses galeries de coraux fossilisés, ouvragés comme de la dentelle ; le site fabuleux témoigne d’un lointain passé marin. Puis le colossal Salar surgit dans un miroitement de mirage. Avec ses 10 000 km2 à perte de vue, le plus haut plateau salin de la planète scintille entre ciel et terre, crissant sous les pneus du véhicule. A 3665 mètres d’altitude, c’est le souffle court qu’on met pied à terre pour explorer une de ses îles, avant d’intégrer le lodge le plus spectaculaire de la collection. Le vaisseau hôtelier posé sur les flancs du volcan Tenupa surplombe la mer de sel, et le panorama à 180°. Quatre chambres seulement se partagent l’espace que l’on savoure en privilégié, goûtant les variations chromatiques du Salar des premières lueurs de l’aube aux dernières rougeurs du couchant. Escalader le volcan (5432 mètres) pour les plus sportifs, visiter les hameaux environnants, et surtout sillonner à pied ou à vélo le lac et ses rives, immortalisent ce séjour dans l’une des régions les plus inaccessibles de la planète.

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