À la fin de l’après-midi, sur un quai parisien, les voitures bleu nuit du Venice Simplon-Orient-Express attendent – lignes Art déco, marqueteries lustrées, laiton poli – comme si rien n’avait changé depuis l’âge d’or des grands voyages. À bord, le temps s’étire entre les paysages qui défilent et les gestes précis du service : nappes immaculées, cristal fin, lumière tamisée dans des cabines restaurées à l’identique. La nuit tombe quelque part entre les Alpes et la plaine italienne, et le train poursuit sa traversée lente, théâtrale jusqu’à La Sérenissime, que l’on rejoint le lendemain en fin d’après-midi.
Dans l’esprit des anciennes villégiatures, le voyage se poursuit à l’hôtel Cipriani, posé sur la Giudecca face à la lagune, où la dolce vita prend un tour plus intime. La table, d’abord : petit-déjeuner au jardin, puis dîner chez Oro, étoilé Michelin, où la cheffe Vania Ghedini compose un parcours dégustation précis, rythmé par des accords mets et vins.
Des expériences dessinent une Venise secrète : visite privée de la fournaise Orsoni, dernière fabrique de mosaïques encore en activité, ou apprentissage du cocktail Bellini au Bar Gabbiano, geste pour geste, selon la recette originelle de Giuseppe Cipriani. Un soin au spa, un temps suspendu au bord de la piscine, complètent ce sentiment rare d’un voyage qui s’étire du chemin de fer à la lagune, dans une continuité de plaisirs raffinés.







